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03.04.2007, 08:47 GMT
La Chine s'investit de plus en plus dans les missions de paix de l'ONU, mais refuse toujours de faire pression sur Khartoum (Image: China News Service)Les médias chinois ont rapporté lundi que le ministre de la défense chinois et le chef de l'armée soudanaise, présent en Chine depuis dimanche, ont signé un accord visant à renforcer les liens militaires entre les deux pays.
Le gouvernement chinois prend à contre-pied les pays occidentaux qui lui demandent de faire plus pression sur le gouvernement soudanais en vue de régler le conflit du Darfour. Depuis dimanche, une délégation soudanaise est en Chine pour y discuter des coopérations entre les deux pays.
Le ministre chinois de la défense, Cao Gangchuan, et le chef de l'armée soudanaise, Haj Ahmed El Gaili se sont rencontrés lundi et ont signé un accord pour renforcer leurs liens dans le domaine militaire.
"Les relations militaires entre la Chine et le Soudan ont été développées doucement depuis très longtemps" a dit Cao au représentant soudanais. Et il a ajouté que la Chine "veut développer plus loin la coopération entre les deux armées dans toutes les sphères".
Cet accord risque de contrarier davantage les pays occidentaux, comme les États-Unis et l'Europe, qui ne cessent déjà de demander à la Chine d'utiliser son influence économique sur le pays nord africain pour qu'il autorise le déploiement d'une force internationale des Nations Unies.
La Chine importe en effet plus de 60 % de la production de pétrole et est le premier fournisseur d'arme du Soudan. Mais ayant une absolue nécessité de se fournir en matière énergétique, Pékin offre sa protection du régime de Khartoum au siège du Conseil de Sécurité de l'ONU en utilisant son droit de veto dans la crise du Darfour.
Cette crise du Darfour a débuté en 2003. Les Nations Unies estiment à 200 000 le nombre de victime mortes à cause des combats et à 2,5 millions le nombre de personnes déplacées dans des camps de réfugiés. L'ONU accuse également le pouvoir soudanais de soutenir les milices arabes responsables d'exactions contre les populations civiles comme des massacres, des exécutions et des viols collectifs.
Une protestation montante en Occident
Il y a une semaine, lors d'un meeting sur la situation au Darfour, le candidat centriste à la présidentielle française, François Bayrou, avait déclaré que "la France s'honorerait si ses athlètes boycottaient" les Jeux Olympiques de Pékin en 2008.
Depuis cette idée de boycott de Jeux 2008, a réuni plusieurs milliers d'adhérents sans, toutefois, avoir le soutien d'un gouvernement.
L'actrice américaine Mia Farrow a, pour sa part, coécrit un article dans le Wall Street Journal qualifiant les Jeux de Pékin comme ceux du "Génocide Olympique".
En réaction à ces commentaires, le ministère des affaires étrangères chinois, par la voix de son porte-parole Qin Gang, a simplement déclaré que de tels efforts sont mal dirigés.
"Nous ne pensons pas qu'il soit approprié de lier le problème du Darfour avec les Jeux Olympique et nous ne pensons pas que cela soit très populairement accepté ou trouvera un écho auprès des gens dans le monde", a déclaré Qin Gang. "Les gens ont tort s'ils pensent qu'ils peuvent gagner des votes ou augmenter leur réputation", a précisé le porte-parole, probablement à destination de François Bayrou.
Source: AFP, Reuters