01.02.2010, 09:22 GMT
Le ministère chinois de la Défense a décidé de suspendre tout échange militaire avec les États-Unis jusqu’à nouvel ordre, a révélé l’agence officielle Chine Nouvelle, le week-end dernier. Cette nouvelle brouille entre les deux géants a pour origine une vente d’armes d’un montant de 6,4 milliards de dollars (4,6 milliards d'euros), que les américains consentent à l’île de Taïwan.
Le contrat porterait sur des missiles Patriot, des hélicoptères Black Hawk, deux navires démineurs, des systèmes d'information et d'autres équipements. Pékin a aussitôt exprimé son indignation.
"Les forces armées chinoises expriment leur plus forte indignation et condamnent fermement ce geste qui interfère grossièrement dans les affaires intérieures de la Chine et porte atteinte à la sécurité nationale de la Chine", a indiqué Qian Lihua, directeur du bureau des Affaires étrangères du ministère chinois de la Défense, qui a également convoqué, samedi, l'attaché de défense américain de l'ambassade des États-Unis à Pékin pour formuler une protestation officielle.
"Les ventes d'armes à Taïwan par les États-Unis constituent une grave violation des trois communiqués conjoints entre la Chine et les États-Unis, mettent gravement en danger la sécurité nationale et porte atteinte à la cause de la réunification de la Chine", a rajouté Qian Lihua.
Le vice-ministre chinois des Affaires étrangères, He Yafei, a également utilisé les canaux de la représentation diplomatique US en Chine et a indiqué à l’ambassadeur américain en poste dans la capitale de l’Empire du milieu, Jon Huntsman, que cette vente aurait "des conséquences que les deux parties ne veulent pas voir". L’annulation immédiate du contrat a été exigée par les autorités chinoises.
"Nous avons pris cette décision en considération du grave tort que nous causent les ventes d'armes américaines à Taïwan", a déclaré le porte-parole du ministère chinois de la Défense, Huang Xueping.
"Nous ne reviendrons jamais en arrière ni ne ferons de compromis à ce sujet", a ajouté le porte-parole de la défense chinoise.
À l'heure où les États-Unis et la Chine sont en pleine discussion sur des sujets allant du programme nucléaire iranien au problème Google, la coopération pourrait se trouver entravée. La décision de livrer Taïwan est désormais du ressort du parlement américain, qui dispose de 30 jours pour valider la proposition du gouvernement Obama.
Source: Associated Press/Chine Nouvelle

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