La censure chinoise désire déspormais surveiller les contenus des SMS (Image: Radio86)20.01.2010, 10:00 GMT
La censure chinoise désire déspormais surveiller les contenus des SMS (Image: Radio86)Les autorités chinoises de la censure ont décidé d’étendre le contrôle des contenus dits “hors la loi” aux messages envoyés depuis et vers les téléphones portables. Les personnes envoyant des contenus non appropriés peuvent voir la fonctionnalité message de leur abonnement suspendue, a rapporté le journal China Daily.
Plus loin dans la censure des communications, plus loin dans le contrôle de la vie privée des citoyens. Voilà comment on peut résumer la nouvelle décision de la censure chinoise.
Selon le China Daily, les société de téléphonie mobile ont reçu l’ordre de suspendre les services de messagerie des utilisateurs qui ont envoyé des messages avec des “contenus illégaux ou malsains”. China Mobile, China Telecom et China Unicom, les trois plus importants opérateurs de l’Empire du Milieu, ont annoncé qu’ils se plieraient à la demande du département de la censure.
Toutefois, le type de contenu que les autorités cherchent à censurer reste très flou. Cette campagne étant présentée comme un prolongement de la campagne de lutte contre la pornographie et les contenus qui vont à l’encontre des lois chinoises.
Le China Daily ajoute néanmoins que “les normes pour déterminer si un message est malsain ou non reposent sur 13 critères définis par neuf départements du gouvernement central”.
Toujours selon le China Daily, deux sortes de moyens vont être mis en place pour appliquer cette mesure.
Les opérateurs vont utiliser un système de filtre fonctionnant par des mots-clés. Lorsqu’un mot-clé est repéré par le système, le message est alors envoyé à la police et est lu par un agent qui décidera si le contenu est inapproprié ou non. L’autre moyen de contrôle se fonde sur la délation.
Si la police décide que le message viole les lois chinoises, l’utilisateur voit sa fonction de messagerie suspendue par son opérateur. Il peut toutefois contester la décision et après obtention d’un certificat de la police peut demander à ce que sa fonctionnalité de messagerie soit rétablie.
Cette nouvelle mesure suscite bien évidement l’émoi de nombreuses personnes.
“Ils font des contrôles de plus en plus larges, vérifient tout, même si c’est entre un mari et sa femme”. “Je ne pense pas que les gens vont apprécier ceci”. “Cela viole les droits basiques des citoyens”, a commenté Kan Kaili, professeur à l’université de Pékin des télécommunication, cite le New York Times.
Pour Sun Li, une femme d’affaire “C’est contre la loi. Vous pouvez bloquer des sites internet à cause de la pornographie ou de la violence. mais les SMS sont d’une personne à une autre. Cela n’a rien à voir avec le public”.
Bien que officiellement cette nouvelle campagne de censure s’insère dans celle contre la pornographie, il est évident qu’elle s’attaque à la sphère privée des citoyens chinois. Mais cette mesure pourrait aussi viser les régions dites “sensibles” comme les Régions Autonomes du Xinjiang et du Tibet, et aurait donc une fin politique.
Lors des événements à Lhasa en mars 2008, les sms étaient un des moyens de communication entre les émeutiers et les personnes ou médias dans et en-dehors du pays. Il en fut de même en juillet 2009 à Urumqi, capitale de la région autonome du Xinjiang, lorsque des émeutes, qui ont opposé des Hans à des Ouighours, ont éclaté. Les autorités avaient ensuite coupé tous les moyens de communication comme internet et les réseaux de téléphonie mobile. Ces réseaux ont été remis en fonctionnement le mois dernier...
Source: China Daily, New York Times

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