Internet reste extrêmement contrôlé en Chine (Image: CNS)06.03.2010, 16:00 GMT
Entre la censure de grands sites occidentaux comme Facebook, Twitter ou Youtube, l'affaire Google ou encore la vaste campagne anti-pornographie, la question du contrôle de l'internet par les autorités chinoises est toujours très sensible. Reste à savoir jusqu'où Pékin compte aller pour assurer sa main mise.
Facebook, Twitter, Youtube ou encore le Français Dailymotion, les importants sites de réseaux sociaux ou partage de vidéos occidentaux sont bannis en Chine. Susceptibles selon les autorités de propager du contenu malsain, ils ne sont que la partie visible -la plus médiatique surtout- des sites censurés par la Grande Muraille de feu chinoise...
Nombreux en effets sont les "petits" éditeurs web occidentaux à voir leur site refoulé par la Grande Muraille de feu qui "protège" le net chinois. Certains particuliers n'ont d'ailleurs rien à se reprocher : leur blog ou portail est bloqué automatiquement car c'est leur hébergeur qui peut être dans le collimateur des organes de censure. Cette volonté de contrôle du net est tellement ambitieuse qu'elle ne peut être toujours précise et ciblée...
En plus de ce blocage de certains sites web et de l'auto-censure à laquelle se soumettent les moteurs de recherche voulant exercer sur la toile chinoise, Pékin avait passé la vitesse supérieure fin 2009 avec le lancement d'une vaste campagne anti-pornographie sur le net. Au passage, plusieurs sites non pornographiques sont tombés dans le coup de filet...
Mais le plus surprenant, à l'heure où l'affaire Google est indiscutablement une affaire diplomatique -l'administration Obama pourrait en appeler à un arbitrage de l'OMC- c'est que le gouvernement chinois continue de renforcer son contrôle du web : depuis fin février, tout éditeur voulant enregistrer un nom de domaine en .cn doit se présenter physiquement aux autorités chinoises, ce qui est une première mondiale.
A l'heure où la Chine a la plus importante population d'internautes au monde, la toile semble devenir un enjeu politique majeur : les dirigeants chinois, le Premier ministre Wen Jiabao en tête, n'hésitent plus à dialoguer en ligne avec la population, alors que le Dalaï-lama, meilleur ennemi du Parti communiste, a ouvert son compte Twitter...
Aujourd'hui, certains observateurs en viennent à se demander comment le pouvoir chinois pourra continuer à maîtriser un outil dont la vocation première est de permettre aux personnes du monde entier de communiquer.
Certains pensent voir la réponse dans la censure des Google, Facebook, Twitter et autres Youtube : en permettant le développement d'équivalents chinois comme Baidu -qui vient de lever 50 millions de dollars pour créer un site de partage de vidéos type Youtube-, Kaixin et Renren (réseaux sociaux), Tudou et Youku (sites de partage de vidéos) ou encore QQ (le MSN chinois), les dirigeants chinois semblent aspirer à la création d'un gigantesque intranet local...
Un espace de communication qui serait donc contrôlé et accueillerait la majeure partie des internautes chinois... Mais cette hypothèse reste relativement excessive et surtout, irréaliste selon des spécialistes comme Marie Holzman : vouloir contrôler un univers de communication aussi vaste qu'internet est tout simplement impossible sur le long terme et incompatible avec les ambitions de la Chine sur le plan international.
Auteur: Nicolas Jucha

Élisez la ville chinoise la plus touristique. Les critères de sélection peuvent être consultés en cliquant sur le lien suivant.