Des gardes chinois (Image: CNS)| Éditions internationales: | Kaikkea Kiinasta |
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11.01.2010, 14:50 GMT
Avec la sévère condamnation de Liu Xiaobo, la campagne anti-corruption à Chongqing ou encore la lutte contre la pornographie sur le net, les autorités chinoises semblent depuis quelques mois avoir cherché à renforcer leur contrôle de ce qui se passe dans leurs frontières. Démonstration de force ou peur des débordements ?
Les exemples sont légions en cette fin 2009, pour montrer que la Chine, tout du moins ses dirigeants, entendent raffermir le contrôle social, afin notamment de s'assurer le calme politique.
Liu Xiaobo par exemple, a été condamné à 11 ans de prison pour subversion le 25 décembre. Il lui est reproché d'avoir co-rédigé puis fait signer à plus de 10 000 personnes la Charte 08, demandant des réformes politiques et sociales en Chine. Depuis que le crime de "subversion" existe dans la législation chinoise, jamais personne n'avait été aussi lourdement sanctionné...
Cette peine, prononcée et maintenue en dépit de fortes contestations internationales, semble aller plus loin qu'une simple sanction individuelle : un message à l'attention des dissidents et mécontents, plus précisément les 10 000 signataires de la pétition...
Comme ce fut le cas avec Hu Jia, toujours emprisonné en Chine et dont peu de nouvelles circulent, la Chine joue face aux personnages de la dissidence la carte de la sévérité. Celle-ci n'est pas gratuite, et s'explique par la peur de voir l'agitation sociale devenir à terme une agitation politique. Ce qui pourrait alors signifier la fin de l'hégémonie du Parti communiste.
Cette volonté de contrôle, Pékin l'a traduite en fin d'année dans de nombreux domaines, avec plus ou moins de "réussite" sur le plan de l'image : la campagne anti-corruption à Chongqing a été un événement positif pour le pouvoir et son prestige, mais sa lutte anti-pornographie sur le net a quant à elle laissé planer plus de doutes, entre l'incitation à la délation et la fermeture de sites visiblement non-pornographique, du moins dans la conception occidentale du terme.
Difficile d'imaginer que la tendance puisse s'inverser en 2010...
Auteur: Nicolas Jucha