Bo Xilai, héros de la campagne de anti-corruption à Chongqing (Image: CNS)06.01.2010, 13:41 GMT
MEDIA
Le magazine Talk, basé à Shanghai, élit chaque année les dix personnalités les plus influentes de Chine. Le classement 2009 montre clairement que les ennemis de la corruption et de l'injustice ont été à l'honneur.
Selon le magazine Talk, l'année 2009 a été celle des justiciers et des défenseurs de la liberté d'expression en Chine. Au sommet du classement annuel des personnalités les plus influentes, on retrouve ainsi Bo Xilai, chef du Parti communiste à Chongqing, lequel a mené une vaste et spectaculaire campagne anti-corruption dans la métropole chinoise.
Sa mise en valeur montre bien qu'actuellement en Chine, celui qui arrive à vaincre la corruption renforce de fait son image, et donc son influence.
Mais plus qu'un simple problème de corruption, c'est tout ce qui concerne l'injustice qui semble passionner le public et les médias non officiels chinois. Pour preuve, c'est le juriste Xu Zhiyong qui occupe la seconde position du classement selon Talk. L'homme s'est fait remarquer en luttant aux côtés des laissés pour compte durant plusieurs scandales comme celui du lait contaminé.
Emprisonné puis libéré sous condition (et surveillance étroite), Xu Zhiyong symbolise le respect et le crédit croissant accordés aux défenseurs des libertés indivuels et de l'établissement intégral d'un état de droit en Chine.
Cette aspiration à une société plus juste se retrouve également dans la catégorie «sport» du classement : Zhang Lin, premier homme chinois champion du monde de natation, n'est que second derrière Ma Ning, juge démissionnaire pour les compétitions de plongeon aux Jeux nationaux chinois afin de dénoncer la corruption et les résultats arrangés...
Pour couronner le tout, le magazine Talk a accordé une mention spéciale dans son classement aux internautes chinois afin de les récompenser pour leur activité sur le net. En photo, le magazine se permet même une référence au phénomène «Alpaga», ces animaux du Tibet utilisés dans une campagne vidéo sur le web pour protester contre la censure : ceux-ci s'appelaient les «Caonima», qui phonétiquement peut se comprendre «Chevaux de l'herbe et de la boue» tout autant voire moins que «nique ta mère».
L'histoire racontée dans le clip vidéo, une chanson ayant pour refrain «Caonima», parle de ces pauvres petites bêtes oppressées par les crabes d'eau douce (référence aux organes de censure). A force de courage, les alapagas parviennent à repousser les méchants crabes... Rien à dire, 2009 restera donc comme l'année de la liberté d'expression en Chine, mais attention à ce que les autorités ne resserrent pas la vis en 2010...
Auteur: Nicolas Jucha

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Malgré la complexité du thème, votre article a le mérite d'être abordé avec délicatesse, le rendant aisément compréhensible. Très bon article et bonne continuation.