La Chine, responsable de l'échec de Copenhague ?

25.12.2009, 14:55 GMT

[Click for a bigger view]Wen Jiabao à son arrivée à CopenhagueWen Jiabao à son arrivée à Copenhague

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L'échec du Sommet de Copenhague continue de faire du bruit. Au premier rang des accusés, la Chine et les Etats-Unis se partagent les critiques. Faut-il pour autant penser que Pékin n'a pas cherché à oeuvrer dans l'intérêt commun ?

Depuis la fin des négociations de Copenhague, l'heure semble être à la recherche des coupables. Dans cet exercice, la Chine et les Etats-Unis, principaux acteurs du sommet, sont logiquements montrés du doigt.

Droit au développement et refus de l'ingérence : l'intransigeance chinoise épinglée

Le président brésilien Lula a ainsi expliqué que les objectifs de réduction des émissions de CO2 des Etats-Unis étaient trop faibles. A Cuba, on a même utilisé un vocabulaire virulent à l'encontre du président Barack Obama.

Pour la Chine, les principales critiques, tout du moins les plus directes, sont venus du Royaume-Uni. Si le Premier ministre Gordon Brown a parlé d'une "poignée de pays" qui ont "pris en otage" les négociations, son ministre de l'écologie, Ed Miliband, a directement accusé la Chine d'avoir "détourné" la conférence en s'opposant à l'instauration d'une contrainte légale sur la réduction des émissions de CO2.

Aujourd'hui, on reproche principalement à Pékin d'avoir refusé la mise en place d'un système de contrôle international du respect des objectifs écologiques, ainsi que le fait de défendre sans concession son "droit au développement", pour reprendre les termes d'un responsable du ministère des Affaires étrangères chinois, Yi Xianliang, cité par le Quotidien du Peuple.

La Chine se sent dans son droit

De Chine, aucun sentiment de culpabilité, plutôt celui d'avoir tenu son rôle de leader des pays en développement tout en préservant les intérêts nationaux : le Premier ministre Wen Jiabao a parlé de rôle «important et constructif pour faire avancer les négociations» joué par la Chine à Copenhague.

Pour le chef du gouvernement chinois, le résultat des pourparlers n'est d'ailleurs pas un échec : "Ce résultat n'a pas été aisé et il devrait être chéri" a ainsi expliqué Wen Jiabao.

Dans les médias chinois, c'est le même message d'auto satisfaction qui est donné : Chine Radio International estime que "la Chine a effectivement contribué à l'apport d'une réponse au changement climatique" prenant pour exemples les paroles du président Hu Jintao sur la conscience environnementale chinoise ainsi que les objectifs du gouvernement annoncés le 26 novembre 2009.

Le média chinois reprend à ce titre les propos du Premier ministre danois Lars Lokke Rasmussen : "Je voudrais souligner que ce qui se passe Chine force l'admiration. Le président chinois Hu Jintao a fait, lors du sommet climatique de New York, une déclaration énergique. C'est un engagement très important, qui montre la fermeté de la détermination de la Chine. Je suis persuadé quelle jouera un rôle exemplaire et encourageant."

Les efforts écologiques de la Chine

Toujours selon CRI, ce sont clairement les pays développés qui freinent les négociations sur le climat et nient leur responsabilité historique : "Il est décevant cependant que les pays développés qui sont les principaux responsables du changement climatique manquent de sincérité.

Si les arguments chinois ne sont pas tous des plus objectifs, sur plusieurs points ils s'avèrent légitimes : la responsabilité historique des premiers pays industrialisés est un fait scientifique, et si l'on considère les chiffres à la moyenne par habitant, la Chine n'est qu'au 72e rang mondial des pays pollueurs.

Enfin, il ne faut pas oublier que la Chine est très active dans le développement des énergies renouvelables et dans la limitation de la pollution dans ses grandes agglomérations.

Cependant, s'il est vrai que la position chinoise est légitime, le droit au développement qu'elle revendique pourrait ne pas être viable à long terme pour l'humanité. Ce qui ramène à la question de l'intérêt commun devant passer devant les intérêts nationaux divergents.

Si l'on en croit le responsable du ministère des Affaires étrangères chinois Yi Xianliang, la Chine en a conscience. L'officiel chinois avait en effet déclaré au Quotidien du Peuple que les négociations de Copenhague avaient révélé "que le coeur des désaccords était systématiquement lié aux intérêts fondamentaux de chaque pays".

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Auteur: Nicolas Jucha